L’OBSERVATOIRE DE MR. COQUIBUS - Licence 3, Studio G.Marty
projet : Création d’un observatoire lunaire
Le projet s’inscrit dans un voyage onirique développant une approche architecturale guidée par le souvenir et les sens.


situation : Itzalarri (Espagne)


programme :

Gradins
Espace central sphérique
Dispositifs sonores 360°






Lors du premier rendu, 30 souvenirs sont dessinés. Pour moi, le souvenir est intimement lié à la musique.  C’est le point de départ que j’ai choisi pour les évoquer. Chaque moment de vie passé, reflétant un souvenir vécu, est illustré au crayon blanc sur des pochettes noires. À l’intérieur, des CD reprennent la pochette originale du disque, retravaillée et transformée avec un ruban correcteur pour traduire l’idée que le souvenir peut subir des altérations avec le temps.





Parmi ces 30 souvenirs, un se distingue : la musique « Storytelling » de Belle and Sebastian, qui rappelle un moment passé à dessiner sous l’escalier de ma maison familiale. Passée en boucle, elle agit comme une invitation à raconter une histoire, conformément à la traduction du titre de cette chanson en français, « Raconte-moi une histoire ». C’est à cette occasion que naît le personnage de Mr. Coquibus, héros de l’histoire « Mr. Coquibus et la maison des rêves », récit dystopique écrit par mon père. Sélénite habitant à l’intérieur de la Lune, ses rêves explosent à la surface venant créer les cratères. Afin de faire face au surpeuplement, la seule solution pour l’Homme fut de ramener la lune sur la Terre et de la coloniser, ce qui mit fin temporairement aux explosions de rêves de Monsieur Coquibus.

Ce personnage est né d’un dessin que j’avais donc imaginé, un jour, assis sur une vieille table d’école. C’est alors que mon esprit s’est mis à vagabonder et à comprendre que ce casier se trouvait dans ma vieille table d’écolier, que cette vieille table d’écolier se trouvait dans mon salon, qui lui-même se trouvait au RDC de ma maison, qui elle-même se trouvait dans mon village, que ce village se trouvait sur la terre, et donc dans l’univers. Dans ce projet, Mr. Coquibus se lie aux souvenirs de ma maison d’enfance, dont les différentes pièces forment un système emboîté, inspirant le concept de la « boîte dans la boîte ». La maquette en forme de nuage traduit cette idée : elle symbolise les rêves, les souvenirs et le personnage de Mr. Coquibus. À l’intérieur, des boîtes représentent les pièces de ma maison et contiennent des dessins de chaque espace.

La dimension sonore accompagne ce dispositif : chaque ambiance de pièce est retranscrite par une composition musicale intégrant des sons capturés in situ par field recording. Ce nuage de boîtes évoque également les compartiments du cerveau où sont conservés les souvenirs, rappelant le rôle de la musique dans la mémoire, comme dans la musicothérapie pour les patients atteints d’Alzheimer.
















L’observatoire lunaire conçu à Itzalarri, sommet isolé du Pays Basque, offre un cadre préservé et propice à l’observation astronomique. L’espace sphérique, rugueux et texturé, résonne avec l’univers de Monsieur Coquibus et la Lune. Des hublots suivent la trajectoire elliptique de la Lune, invitant à contempler et rêver à chaque instant.

L’aménagement intérieur traduit les atmosphères sonores précédemment créées dans le projet du nuage. Chaque son, capté dans différentes pièces, correspond à une émotion ou un moment : la cave évoque l’étrange, le couloir l’échappatoire, la cuisine l’énergie du temps, la salle de bain un chemin de vie, la place du village le cœur, la salle de musique un voyage vers un autre monde, et la chambre un souffle calme. Ces ambiances guident la conception de l’espace et les expériences sensorielles des visiteurs.









L’accès à l’observatoire se fait par un système de double membrane, reprenant le concept de « boîte dans la boîte ». Ce dispositif permet de créer un espace autonome et introspectif. À l’intérieur, une scène centrale en gradins invite à lever les yeux vers le ciel, avec un aménagement saisonnier adapté à la position de la Lune : gradins supérieurs pour l’été, inférieurs pour l’hiver, et intermédiaires pour le printemps et l’automne.

Une composition musicale inspirée de la « musique des sphères » accompagne la déambulation. Fondée sur les théories de Pythagore et Kepler, elle traduit les mouvements des planètes en notes et accords, générant une expérience immersive et onirique. Cette musique relie acoustique et émotion, créant un environnement qui transporte les visiteurs et stimule l’imaginaire.

L’observatoire fonctionne ainsi comme une machine à rêver, un lieu hors du temps et du contexte quotidien, invitant à la contemplation, à l’introspection et à l’émerveillement.








© Jules Gasquet