CYPHER - Licence 3, Studio J.Martin, Virginie Piotrowski
projet : Création d’un centre de réinsertion socio-professionnelle
Issu d’un travail d’analyse sensible fondé sur trois manifestes individuels, le projet propose une lecture plurielle du quartier de Saint-Bruno, fusionnée en une réponse architecturale collective
collab : Nicolas Meunier, Anaël Peters
situation : Saint-Bruno, Grenoble (38)
programme :
Logements d’urgence (250 m²)
Banque alimentaire (30m²)
Restaurant libre (120 m²)
Jardin collectif (150 m²)
Garderie inter-générationnelle (85 m²)
Pôle administratif (80 m²)
Kiosque (30m²)
Studio collaboratif (50 m²)
Le manifeste “La rue nous appartient” dresse un état des lieux sonore et alternatif du quartier Saint-Bruno à Grenoble. L’analyse s’appuie sur une immersion in situ permettant de saisir l’ambiance sonore et visuelle du lieu, pour le comprendre et l’apprivoiser. Le travail se concentre sur les éléments éphémères du site : les sons dont la matérialité disparaît dès qu’ils apparaissent, des graffitis qui dressent
un portrait « politique » des lieux voués à disparaître et des matériaux de
construction qui subissent les assauts du temps.Les enregistrements réalisés dans différentes rues du quartier ont ensuite permis de produire différentes coupes sonores.
En point d’orgue, une composition musicale a été créée pour retranscrire l’identité du quartier Saint-Bruno, mêlant histoire urbaine et influences rap. Issu des ghettos new-yorkais dans les années 1970, le hip-hop constitue à l’origine un mouvement contestataire offrant à la jeunesse noire un moyen d’expression multidisciplinaire et engagé.
La composition s’appuie entièrement sur les sons captés sur site et sur les slogans relevés dans les graffitis, utilisés comme éléments vocaux. Elle cherche à traduire l’ambivalence du quartier : d’une part une certaine dureté, une violence ou une obscurité perceptible dans les murs et les inscriptions, et d’autre part des fragments de vie quotidienne – voix d’enfants, radio d’un promeneur, des violons, etc – qui peuvent être perçus comme des signes d’espérance.
Un projet né de trois manifestes :
- Un manifeste graphique, réalisé à l’encre de Chine, explore la fluidité des humeurs, des circulations et des rythmes du tissu urbain. Par un travail de dilution, il traduit les effluves, continuités et mouvements perceptibles dans le quartier.
- Un second manifeste, fondé sur la photographie, propose une lecture sensible du site à travers les cadrages, les lignes et les perspectives observées à Saint-Bruno.
- Enfin, le manifeste « La rue nous appartient » offre une analyse sonore et alternative du quartier.
Une maquette concept commune matérialise les analyses. Des fils sont enroulés autour des bâtiments existants du sxite pour représenter les trajectoires du son entre les façades,les points de vue possibles et les différents parcours.